L’image avant qu’elle ne mente.

Mon travail commence là où toute l’histoire des images s’effondre. Aujourd’hui plus que jamais, les représentations visuelles sont omniprésentes, mais elles ont perdu leur fiabilité. Plus une image paraît réelle, moins nous lui faisons confiance.

Dans ce contexte, je ne cherche pas à produire une image plus convaincante : je cherche ce qui précède son affirmation, le moment où une forme apparaît mais ne dit pas encore exactement ce qu’elle est.

Je peins des états d’être : tension, solitude, transformation, rupture, devenir – à travers des formes qui apparaissent au seuil de la reconnaissance. Elles peuvent évoquer un corps, un animal, un paysage ou une présence familière, puis s’en éloigner.

Ce qui m’intéresse est ce moment d’incertitude où nous croyons reconnaître quelque chose et où la perception commence déjà à reconstruire ce qu’elle voit.

Je travaille à partir de sources visuelles hétérogènes : observation, mémoire, archives, images trouvées ou produites, que la peinture déplace et transforme.

Mes œuvres ne cherchent ni à fixer une identité ni à produire une image fantastique ou surréaliste. Elles cherchent à maintenir cet intervalle ouvert, avant que la perception ne referme une forme sur un nom, un récit ou une certitude.